Non, la Commission européenne n’exige pas des États membres qu”ils suppriment la limite d’âge à partir de laquelle les enfants peuvent choisir leur genre

La stratégie pour l’égalité LGBTIQ+ adoptée par la Commission européenne cette semaine a suscité une controverse concernant un paragraphe relatif à la limite d’âge à partir de laquelle une personne peut choisir son genre. La Commission a ensuite précisé : les États membres ne peuvent être contraints de supprimer la limite d’âge à partir de laquelle une personne peut choisir son genre.

CONTEXTE

Le mercredi 8 octobre 2025, la Commission européenne a adopté la stratégie pour l’égalité LGBTIQ+ pour la période 2026-2030. Ce document évoque la protection des droits des personnes LGBTIQ+, la lutte contre les discriminations à leur égard et l’égalité des chances. Cependant, un paragraphe en particulier a suscité de vives réactions dans la presse et parmi les responsables politiques :

„Les exigences en matière de reconnaissance juridique du genre varient considérablement d’un État membre à l’autre. Si certains États membres ont adopté des modèles d’autodétermination, d’autres imposent des procédures médicales que la Cour européenne des droits de l’homme a jugées susceptibles de porter atteinte aux droits humains (41). La Commission facilitera les échanges de bonnes pratiques entre les États membres afin de soutenir le développement de procédures de reconnaissance juridique du genre fondées sur l’autodétermination et n’imposant pas de restrictions d’âge”.

Capture écran du site de la Commission européenne, le 8 octobre 2025

Le journal britannique « The Telegraph » a réagi le jour même de la publication de la Stratégie (le 8 octobre 2025) :

„Selon la proposition de l’UE, les enfants peuvent choisir leur genre à l’école. Une organisation britannique de défense des droits sexuels qualifie le Brexit de « bonheur tombé du ciel », car le pays n’aura pas à suivre les plans « sinistres » (de Bruxelles – n.n.)”.

Capture écran “The Telegraph”, le 8 octobre 2025

De l’autre côté de l’Atlantique, le New York Post écrit le 9 octobre 2025 :

« La nouvelle Stratégie pour l’égalité LGBTIQ+ 2026-2030 suscite des controverses, proposant que les enfants puissent légalement choisir leur genre à tout âge, sans médecin ni bureaucratie.»

En Roumanie, le sujet a été largement couvert par la presse :

« Une nouvelle stratégie de la Commission européenne sur l’égalité LGBTIQ+ propose que les personnes, y compris les enfants, puissent choisir le genre auquel elles s’identifient, quel que soit leur âge. Le document, encore à l’état de projet, doit être approuvé par les gouvernements des États membres, mais il a déjà suscité la controverse en Roumanie et dans d’autres pays européens », a écrit « Adevărul » le 9 octobre 2025.

Capture écran “Adevărul”, le 9 octobre 2025

« L’Union européenne propose que la reconnaissance juridique du genre soit possible pour les enfants de tout âge » – titre DCNews, également du 9 octobre.

« Active News », le 9 octobre : « Selon de nouvelles propositions de l’UE, les enfants pourraient choisir leur sexe et les États membres pourraient être sanctionnés s’ils remettent en cause l’idéologie du genre, selon la nouvelle stratégie présentée mercredi par la Commission européenne. »

Capture écran “Active News”, le 9 octobre 2025

Plusieurs responsables politiques roumains ont également pris position :

L’eurodéputée Gabriela Firea, membre du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen, a écrit sur Facebook le 9 octobre 2025 :

« Mes enfants, ceux de tous les Roumains et ceux des autres citoyens européens ne sont pas des sujets d’expérimentation idéologique ! Je suis mère et je dis un NON catégorique à l’idée lancée dans l’espace public par la Commission européenne, selon laquelle les enfants pourraient choisir leur sexe, quel que soit leur âge. Je considère que cette initiative constitue une atteinte aux droits parentaux et une méconnaissance dangereuse du stade de développement des enfants.»

Le poste a plus de 23.000 de réactions, plus de 2900 commentaires et a été distribué plus de 3200 fois.

Capture écran Facebook, le 9 octobre 2025

Le chef de la filiale de Bacău du Parti Social Démocrat, Dragoş Benea, a écrit le même jour, également sur Facebook :

« Il est embarrassant de construire une réalité parallèle à la réalité biologique et d’en faire une mission de l’Union européenne ! Quelle que soit la richesse de notre imagination, quelle que soit notre ouverture aux concepts, philosophies ou courants de pensée, j’avoue que ni moi ni mes collègues sociaux-démocrates roumains au Parlement européen ne pouvons accepter l’idée qu’au nom de l’égalité LGBTQ+, un enfant puisse choisir son genre quel que soit son âge.»

L’Alliance pour l’Unité des Roumains a publié sur son site officiel le 9 octobre :

« Le parti AUR condamne fermement la proposition de la Commission européenne relative à la Stratégie « Égalité LGBTIQ+ 2026-2030 », qui encouragerait les enfants à choisir leur genre à l’école, quel que soit leur âge. Cette tentative d’imposer une idéologie de genre constitue une atteinte sans précédent à la famille, aux valeurs chrétiennes et à l’équilibre psychologique et physique des enfants roumains.»

La députée de l’AUR, Gianina Şerban, est citée sur la même page avec la déclaration suivante : « Il ne s’agit plus d’une politique d’inclusion, mais d’une forme d’ingénierie sociale imposée depuis Bruxelles, visant à détruire les racines morales, la famille naturelle et l’ordre biologique naturel du monde. »

Capture écran du site officiel AUR, le 9 octobre 2025

VÉRIFICATION

Eva Hrnčířová, porte-parole de la Commission européenne, a apporté les précisions suivantes lors d’un point de presse le 10 octobre 2025, en réponse à une question d’un journaliste d’EURONEWS :

« Eva Hrnčířová : Cette stratégie favorise l’égalité par la coopération. Les États membres décident eux-mêmes des lois qu’ils adoptent et nous les aidons à échanger des informations afin qu’ils puissent prendre les décisions les plus appropriées. Nous respectons pleinement le droit des États membres à décider, y compris leur compétence exclusive pour déterminer l’âge à partir duquel le consentement légal à la reconnaissance légale du genre peut être obtenu. Par conséquent, toute affirmation laissant entendre que certaines mesures sont imposées aux États membres par la Commission européenne est inexacte.»

L’extrait du point de presse est disponible ici :

https://audiovisual.ec.europa.eu/en/media/video/I-278655

Capture écran du site de la Commission européenne du 10 octobre 2025

CONCLUSION

La Commission européenne, par l’intermédiaire de son porte-parole, a déclaré que l’exécutif européen ne pouvait pas imposer aux États membres l’adoption de lois permettant aux enfants de choisir leur sexe à tout âge. Cette information est donc fausse.

Daniela Sîrbu